PolarHardboiled

Les plus beaux baisers du polar

Un baiser pour la vie

7 ' de lecture
dossiers

La plupart des bons films noirs des années 40-50 sont devenus cultes et des classiques que l’on peut regarder sans jamais se lasser ! Et puis ce qu’il y a de bien dans les vieux films américains, ce sont les acteurs, puissants, séduisants, vénéneux et surtout inchangés, quelle que soit l’époque à laquelle vous regarder le film. Les Bogie, Bacall, Kim Novak, Barbara Stanwick et autres Burt Lancaster nous comblent dans tous ces films noirs. Ils ont formé des couples incroyables, amoureux, déchaînés, passionnés, sulfureux parfois et très souvent échangé des baisers tout aussi sulfureux, passionnés et improbables.

Petite sélection toute subjective de ces baisers mémorables. Alors Chaussez vos bésicles et amenez vos pop-corn !

Bogie et Bacall

S’il est bien un couple mythique du film noir, il s’agit sans conteste de Humphrey Bogart et Lauren Bacall que l’on a vu tellement de fois s’embrasser qu’il est bien difficile de trouver la perle rare. J’essaie tout de même en vous proposant l’incontournable The Big Sleep (Le Grand Sommeil) avec deux friandises.

Un baiser pas si classique que cela puisque Bogie reste enchaîné alors que Lauren, Vivian Sternwood, est sous son charme.

En voiture, peut être dangereux, voire vraiment langoureux et elle aime ça !

Toujours dans le Grand Sommeil, un baiser plutôt renversant que Bogie donne…non pas à Lauren mais à sa sœur Carmen Sternwood dans le film (jouée par Martha Vickers).

Un baiser renversant donné par Bogart à l’allumeuse sœur Carmen Sternwood, jouée par Martha Vickers

Chinatown avec Faye et Jack

Se replonger dans le Los Angeles des années 40 avec l’envers du décor de cette ville ou d’une Californie rêvée, le côté face avec les palmiers, le soleil et les plages, le côté pile avec le crime, la corruption et les interdits. Hollywood est venu aussi s’abreuver à cette source nauséabonde pour produire quelques films forts, dont ce chef-d’œuvre qu’est Chinatown.

Avec un très convaincant Jack Nicholson et son nez bandé et une Faye Dunaway très tourmentée. Un baiser violent et possédé !

La Technique de Richard Widmark

Une technique très particulière où Richard Widmark joue avec Jean Peters dans Pick up On South Street (Le port de la Drogue en 1953), de Samuel Fuller pour une sombre histoire de microfilm contenant les plans d’une arme secrète américaine, que le beau Richard a subtilisé dans la poche de la belle Candy (Jean Peters). un baiser brûlant juste aprés l’avoir assomée d’un coup de poing.

La façon mi-sensuelle, mi-agressive dont Richard caresse la joue de Jean, tout au long de la scène, est bien plus explicite que bien des scènes osées.

Gilda

Film mythique s’il en est et juste parce que Rita Hayworth y retire ses gants ! Ce film, que l’on peut classer dans les Polars est surtout connu pour le célèbre strip-tease de Rita Hayworth. Mais que ceux qui n’ont pas encore vu cette comédie dramatique de Charles Vidor ne se méprennent pas : la bombe rousse n’y retire que ses gants, laissant à la suggestion des spectateurs le soin d’effeuiller le reste. Et puis elle y rencontre Glenn Ford, joueur professionnel, plein de haine et de jalousie qui va subir la passion amoureuse de Gilda.

Écouter Gilda dire à Glenn Ford I hate you, I hate you so much, juste avant d’échanger un fougueux baiser, le bonheur !

Le morceau d’anthologie du film est la chanson interprétée et dansée par Rita Hayworth Put the Blame on Mame, au cours de laquelle elle retire de manière suggestive son long gant noir.

Burt et Ava

Dans Les Tueurs, film devenu emblématique du film noir et référence réalisé par un Robert Siodmak au sommet de sa forme, ces deux acteurs forment une tête d’affiche magistrale même s’ils ne tiennent pas forcément les rôles les plus importants. Ava Gardner par sa beauté fatale et manipulatrice comme instrument mortel et Burt Lancaster, encore jeune mais déjà accablé par son destin feront de ce film une référence absolue. À voir absolument Pour Ava et Burt !

Burt et Ava dans les Tueurs

Assurance sur la Mort

Duo Gagnant et Doublement ! Toujours l’adaptation du roman de James Mc Cain, l’assureur des passions, car de passion, il y a et à revendre. Ce film, tête de pont d’une foultitude d’autres films de ce genre, en a été le précurseur en inversant la trame narratrice puisque dès le départ on connaît le coupable et le crime. Il s’agit ici de mystère, d’atmosphère nocturne, de fatalisme prégnant, d’ambiance tragique et mortifère et de découverte du pourquoi et comment le pauvre Walter Neff (Fred Mac Murray), agent d’assurances, en est arrivé là avec une balle dans le corps. Serait-ce la faute de la vénéneuse Phyllis, sa compagne meurtrière (jouée par une Barbara Stanwick qui à l’époque n’aura pas eu peur de casser son image au risque de ruiner sa carrière en interprétant une criminelle immorale et perverse. Vous pouvez largement lui préférer la vesrion du Facteur sonne toujours deux fois avec la blonde plus que platine et vénéneuse Lana Turner en 1946 dans le film de Tay Garnett, voire même celle de 1981 avec Jessica Lange et Jack Nicholson de Bob Rafelson.

Barbara Stanwick et Fred Mc Murray à contre emploi, dans Double Indemnity, alias Le Facteur sonne toujours deux fois

From Here to Eternity

Bon ce n’est pas un Polar, mais comment résister à cette scène d’anthologie où Burt Lancaster enlace Deborah Kerr pour un langoureux baiser sur la plage durant leur bain de minuit. Cela ne vous a pas fait fantasmer ? Film aux huit Oscars réalisé par Fred Zinnemann Tant qu’il y aura des hommes dénonce les mœurs brutales de l’armée et un climat moral ambiguë qui pourrait le rapprocher de certains films noirs. Retenons ici, . Un baiser plutôt humide et bien plus qu’éternel pour une scène mythique, même si le film n’est pas un Polar

une petite hésitation avant un baiser humide

Quand le ressac des vagues vient se casser sur deux corps alanguis bien que fougueusement enlacés

Nick et Nora Charles

Retrouvez le couple vedette inventé par l’incontournable Dashiell Hammett dans son roman l’Introuvable. Nick Charalambides, Nick Charles donc, d’ascendance grecque, est un détective à la retraite, playboy et buveur invétéré mais qui a la chance d’être marié à une millionnaire de la haute société, Nora, qui va le pousser à reprendre du service. Ils ont inspiré le cinéma avec William Powel et Myrna Loy et pas moins de six films. J’oubliais que nos deux compères se baladent avec un chien, Asta.

Nick et Nora, un couple plutôt sage

La Série des Thin Man

  • L’introuvable (The Thin Man) de W.S. Van Dyke (1934)
  • Nick, gentleman détective** (After the Thin Man) de W.S. Van Dyke (1936)[
  • Nick joue et gagne (Another Thin Man) de W.S. Van Dyke (1939)
  • L’ombre de l’introuvable (Shadow of the Thin Man) de W.S. Van Dyke (1941)
  • L’introuvable rentre chez lui (The Thin Man Goes Home) de Richard Thorpe (1945)
  • Meurtre en musique (Song of the Thin Man) de Edward Buzzell (1947)

Body Heat

La Fièvre au Corps, polar sulfureux s’il en est, inspiré du roman de Comment retrouver l’essence et l’esprit des films noirs de l’âge d’or, avec un film qui a relancé le genre au début des années 80 et a permis à deux jeunes nouveaux à l’époque, William Hurt et Kathleen Turner de se révéler au grand public. Et de quelle manière, car ils apparaissent plein de sensualité et dévorés par leur passion adultérine. D’ailleurs si j’ai sélectionné un baiser certes passionné, j’ai volontairement zappé quelques scènes chaudes (à l’époque) pour ne pas choquer les plus jeunes !

William et Kathleen dans Body Heat, trés trés chaud, pour l’époque

Jill et Nikopol

Petit clin d’œil avec la relation très particulière qui lie Jill Bioskop, journaliste indépendante aux cheveux bleus à Nikopol, les deux héros de Enki Bilal dans la Trilogie Nikopol. S’ils échangent un baiser fougueux et néanmoins futuriste, c’est que la passion les unie. Dans Froid Équateur, elle le retrouve dans un hôpital psychiatrique, où il a échoué après sa “séparation” d’avec Horus. La jeune femme utilise son étrange machine à écrire, qui semble permettre à ses articles d’être publiés dans un journal en 1993 et on y découvre sa dépendance à des pilules pour effacer la mémoire et se guérir ainsi d’un chagrin d’amour fatal. Tout le talent de Enki Bilal avec un trait nerveux et précis qui vous entraîne loin des mondes anodins d’aujourd’hui. Suivez ce couple, dans ses aventures de la Trilogie Nikopol.

Jill et Nikopol dans Immortal, le film de Enki Bilal sorti en 2004

A suivre également

Les Couples Célèbres du Polar