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Henry Kane

Henry Kane

Un Privé à New York

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Cet auteur de la première époque a poussé l’archétype du privé au maximum pour créer son héros, Richard Peter Chambers. Voilà un privé plutôt aisé, qui a évidemment un bureau mais y met rarement les pieds et beaucoup moins souvent que dans son superbe appartement sur Central Park (il est effectivement assez aisé et se démarque donc du privé sans le sou et toujours fauché assez en vogue à cette époque). Pour le reste, il aime les femmes, l’alcool et la bonne chair. Un bon vivant plutôt jouisseur, qui fait la paire avec sa secrétaire, une vieille fille répondant au doux nom de Miranda Foxworth. Mais, il va aussi faire sensation (pour l’époque) en créant une femme détective, Marla Trent sur le même modèle que son homologue masculin. Belle, riche, des mensurations à faire pâlir les Ava Gardner et autres Rita Hayworth, elle mènera sa barque et fera même équipe avec Richard Chambers dans un des romans.

Avocat de formation, Henry Kane (à ne pas confondre avec Frank Kane) propose ses premières nouvelles dans les magazines de l’époque, Esquire et Metropolitan. Auteurs de plus de soixante romans, il mettra en scène ces figures de détective privé avec une marque de fabrique qui lui est propre et plutôt inusitée pour l’époque, des mentions explicites et nombreuses au sexe. Pas étonnant avec les qualités de ces héros, qu’ils soient masculins ou féminins. Il ira même jusqu’à donner les mensurations (95-67-95) de son héroïne Marla Trent, histoire de rappeler que les atouts d’un bon détective ne sont pas seulement le flair, la pugnacité et la perspicacité.

A lire donc les aventures de Chambers avec le premier épisode en 1947, Les Auréoles du Dépotoir, le Panier de Crabes, et Arêtes de Grenouilles où il partage la vedette avec Marla Trent. Celle-ci œuvre toute seule dans Un bon Petit Lot. Pour boucler sa trilogie de détective, Henry Kane traitera aussi la figure du flic avec le personnage de l’inspecteur retraité McGregor, devenu évidemment détective privé dans trois enquêtes L’Homme de Minuit, Conceal and Disquise et Laughter in the Alehouse. La popularité de son héros Richard Chambers conduira un auteur anglais, Dennis John Phillips, admirateur de Chandler, à prendre ce nom comme pseudonyme. Comme tout bon écrivain de cette époque, il contribuera à l’industrie cinématographique avec en 1958, deux scénarios tirés de romans de Ed Mc Bain

Non exhaustive évidemment

  • A la trappe, les nababs !
  • Arêtes de grenouille
  • Au grand dam de ces dames
  • C’est quelqu’un !
  • Dans les grandes largeurs
  • Embûche de Noël
  • Enlevez le poulet !
  • L’homme de minuit
  • La cuisine infernale
  • La mort à la boutonnière
  • Le panier de crabes
  • Les Auréoles au dépotoir
  • Les carats sont rouges
  • Pétards et flonflons
  • Pour un verre de whisky
  • Un fauteuil en enfer
William P McGivern
Dennis Lehane