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Gunnar Staalesen

l'humour ravageur

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Déjà avec son personnage fétiche de détective privé au nom imprononçable, Varg Veum (ce qui signifie le loup dans le sanctuaire), Gunnar Staalesen annonce la couleur : dérision, solitude, amertume côtoient qualité littéraire, empathie vers ses personnages et évidemment un humour féroce empreint d’autodérision. L’écrivain norvégien se démarque donc légèrement de l’école scandinave (chère à Mankell) par une approche peut-être moins politique, mais plus pragmatique sur les valeurs humaines de communication, d’amitié, de refus de l’individualisme.

Pour le meilleur et le pire de Gunnar Staalesen
Pour le meilleur et le pire de Gunnar Staalesen
Gunnar Staalesen est né à Bergen (Norvège) en 1947. Avec des ambitions littéraires certaines, il fait des études de philologie et écrit son premier roman à 22 ans. Il se tourne vers le roman policier en 1975 et deux ans plus tard, il crée le personnage du détective Varg Veum qui connaitra jusqu’à aujourd’hui une douzaine d’aventures. Les énigmes policières des aventures du privé vont dès lors surtout servir de base à des réflexions sur la pâte humaine, sur les ressorts de chacun face à la banalité du quotidien et sur les relations inter personnelles. Il nous parle d’amour, de vie conjugale, de relations de travail, de conflits de générations, en clair de tout ce qui fait le sel de la vie. Mais il le fait au travers de Varg Veum avec un détachement que n’aurait pas renié un Philip Marlowe sans toutefois céder au cynisme. Sarcastique et mélancolique, Varg Veum n’en reste pas moins très attachant, car ce qui le sauve, c’est cette autodérision, cette lucidité sur ses propres mécanismes et surtout ce besoin effréné d’être aimé, même si il cède trop volontiers à ses penchants pour la bouteille et les femmes. Donner ou recevoir de l’Amour, c’est le principal moteur de la vie, et accessoirement des romans de Gunnar Staalesen.

Le Roman de Bergen, la ville chérie de Gunnar Staalesen
Le Roman de Bergen, la ville chérie de Gunnar Staalesen
N’aller surtout pas penser que ses romans sont barbants et tellement profonds que l’on s’y perd comme dans le Grand Nord. L’humour y est omniprésent, décalé, habillant la violence et la mort des histoires policières comme pour mieux exorciser les douleurs inhérentes au métier de détective. Et quand ce n’est pas l’humour qui vous fait réagir, la poésie des situations, la qualité du style vous embarque pour ces aventures aussi humaines que policières. Car ce cher Gunnar est un vrai connaisseur de la littérature et en particulier de la française l’autorisant à parler avec pertinence de Simenon ou encore de Léo Malet. De plus, la mise en scène de sa ville Bergen, pour laquelle on sent une vraie affection, donne l’épaisseur à ses romans accentuée par la grisaille de la ville et très souvent la pluie continue propre au climat nordique. D’ailleurs, Staalesen a consacré une somme historique à Sa Ville, Le Roman de Bergen, saga en 6 tomes, pour chanter l’amour de sa ville. Un crime y est commis le 1er janvier 1900 dans le premier volume et c’est Varg, son personnage fétiche, qui le résout le 31 décembre 1999, dans le troisième.

Retrouver les relations Ville/Polar dans le dossier spécifique Noir Urbain.

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Richard Jessup
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