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Gil Brewer

le plus Misogyne ?

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Dans la lignée des auteurs du Sud, tels que Day Keene ou Harry Whittington, Gil Brewer signe une œuvre originale dans l’univers des romans noirs, alors qu’il n’a considéré écrire que des romans collant à la réalité du moment. Mais il a surtout développé un univers particulier, peuplé de blondes fatales et lascives (cela va souvent ensemble), mais dangereuses à souhait (c’est le revers de la médaille), causant la perte des hommes, des garces quoi ! (à l’aune des polars évidemment) d’où une réputation solide de misogyne.

Américain, Gil Brewer est né le 20 novembre 1922 à Canandaigua (New York). Après une enfance difficile, il connaît la deuxième guerre mondiale d’où il est démobilisé suite à deux ans de service en France. Quelques divers petits boulots, pompiste, vendeur de livres, lui permette de manger et il commence à écrire des nouvelles que son agent Joseph T. Shaw (ex-directeur de la revue Black Mask) place dans divers magazines et revues. En 1950, il rédige en cinq jours son premier roman, Plus morts que riches, puis sur sa lancée, écrit en quinze jours Satan est une femme. L’année suivante, il connaît le succès et la réussite financière avec son troisième ouvrage, 13 French Street, qui sera vendu à plus d’un million d’exemplaires. Dans ce roman, un archéologue va voir un vieux copain de régiment: cette visite amicale tourne rapidement au cauchemar.

satan est une femme
Satan est une Femme
Désormais, Gil Brewer devient un des auteurs maison de Fawcett et figure également au catalogue de Crest, une de leurs collections. Son oeuvre compte cinquante-deux romans: des policiers, des histoires de guerre, des romans gothiques. Il écrit également sous divers pseudonymes, tels que Elaine Evans ou encore Al Conroy (publié aussi dans la Série Noire). Il a même fait le nègre pour des grands de la littérature policière, Day Keene et Ellery Queen pour ne citer qu’eux. Même s’il s’en défend l’influence du Sud (des Etas-Unis, of course) est présente dans ses ouvrages ainsi que l’influence de prédécesseurs fameux, James Cain, en tête, mais aussi le Caldwell du Petit arpent du Bon Dieu, ou le Hemingway d’En avoir ou pas.

Selon Gold Medal, 13 French Street fut dans les années 50 l’une des oeuvres les plus copiées, celle qui a servi de modèle à toute une génération d’écrivains du noir. L’univers brewerien est peuplé de belles blondes lascives qui se révèlent des créatures rapaces, concupiscentes, impitoyables, menant les hommes à leur perte, comme Selma, dans La Dame est un trésor, Joan, dans Satan est une femme, Angel, dans Pas de boulettes! Cela a valu à Brewer la réputation d’être l’auteur le plus misogyne du roman noir. Brewer met également en scène, sur un fond de sexualité exacerbée, des dépravés ou des malades mentaux, victimes de leurs pulsions, tels Runyan, obsédé par une prostituée (Montez donc!, revue Suspense n°5, 1956), ou Ralph Angers, évadé d’un asile psychiatrique, qui fera vivre une nuit de terreur à quelques habitants d’une bourgade du Sud dans La Machine à découdre, roman préféré de l’auteur. Gil Brewer connaît déjà depuis de nombreuses années des problèmes d’alcoolisme lorsqu’il est victime d’un grave accident de voiture en 1970. Son état physique et moral se dégrade rapidement durant les dernières années de sa vie. Gil Brewer est décédé durant son sommeil le 9 janvier 1983, dans son appartement de Saint-Petersburg (Floride).

Si vous voulez découvrir Gil Brewer, commencez par La Machine à Découdre et enchainer par Satan est une Femme.

  • Satan est une femme
  • La Machine à découdre
  • En voiture pour l’enfer
  • Mâtinés de zoulous
  • Plus morts que riches
  • 13, French Street
  • L’Écharpe rouge
  • Pas de boulettes!
Richard Burnett
William P McGivern