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Polar Hardboiled

Vous les Durs à Cuire, suivez la route du Polar Hardboiled, du Roman Policier Noir

Livres

Retrouvez ici mes impressions de lectures, des nouveautés, des livres un peu plus anciens, des coups de cœur ou des coups de gueule .... Enfin, quelques lignes pour vous faire partager mes lectures ou juste histoire de vous donner envie de lire. Evidemment ces choix sont purement subjectifs et parfois je vagabonde vers d'autres genres (encore que..) et toutes mes lectures ne donnent pas systématiquement un article ici (heureusement pour moi et pour vous !!). Quoiqu'il en soit jetez un coup d’œil ... Merci de vos réactions !
Faux Semblants de Guillaume Fortin -  Marseille. Une série de meurtres sordides ébranle le milieu de la prostitution masculine. Banquier, cadre, notable, clients et amateurs de travestis sont sauvagement assassinés par un serial killer. »
Hécatombe de Nada -  Lucrèce graphiste free lance, Maxence puceau désoeuvré, Evil Skin néonazi cocaïnomane et l'ensemble des hooligans de la fraction Ordre et Chaos étaient déterminés à aller jusqu'au bout de leurs terrifiantes convictions... »
Noir 7.5 : Nouvelle Collection de Polars -  Dirigée par Olivier Mau, Noir 7.5 est une nouvelle collection de polars marquant les premiers pas de Parigramme dans la fiction. Sans s’éloigner de son territoire de prédilection – on ne se refait pas ! Paris, donc, mais un Paris d’aujourd’hui. »
Requiem de Patricia Rappeneau -  Lorsque son portable a sonné, Nathan Malocène a poussé un soupir de soulagement. Tant pis pour le déménagement de sa sœur. En bon détective, Malocène ne peut pas se défiler. »
Enfant 44 de Tom Rob Smith -  Comment le déni systématique d'une réalité tangible au nom du dogme socialiste dans cette Russie de 1953 peut faire basculer un brillant officier du KGB de la servilité la plus assumée à la prise de conscience individuelle de ses propres crimes. Un tueur en série d'enfants ne peut pas "exister" dans la Russie communiste idéalisée par Staline qui vient de mourir. Du coup, la voie est pleine d'embûches, celle qui mène vers un minimum de lucidité, d'esprit critique et de courage quand tout autour de vous, pouvoir, police, amis, famille vous renvoient systématiquement vers la doxa ambiante, empreinte d'instinct de survie, de lâcheté, de peur, de mensonge et de dégoût de soi et des autres. La force de ce polar réside dans la description du régime soviétique de l'époque, pleine de terreur, de délation, de suspicion, de liens individuels broyés par l'appareil d'état, même entre mari et femme. »
Versus d'Antoine Chainas -  Force est de constater que ce livre ne vous laisse pas indifférent ! Un vrai coup de poing ! On peut l'adorer pour l'adrénaline qu'il procure ou le détester pour les valeurs et le désespoir qu'il véhicule. J'ai été pour ma part, très vite entraîné dans ce maelström de violence, de fureur, d'odeurs nauséabondes, de haine, de désespoir, avec toutefois, assez souvent, un sentiment de malaise, d'écœurement, voire de rejet total pour ne pas dire de vomissement (au sens figuré bien sur, encore que ?). Continuer ou laisser tomber cette lecture ? La réussite du livre (car c'en est une !) est justement de nous maintenir constamment sur une corde raide, entre fascination et dégoût, obscénité et moment de grâce, perversité et poésie, entre récit captivant et personnage repoussant. Nazutti, ce vieux flic intolérant, raciste, violent, asocial, à côté de qui le Charles Bronson d'un [b]Justicier dans la Ville[b] ferait figure d'humaniste, tient de fait le livre et le lecteur à bout de bras. Parler de chef d'œuvre ou de renouveau du polar français, comme entendu ici ou là, me paraît une peu excessif, mais j'ai plutôt bien aimé ce ton décalé et nouveau, même si l'utilisation d'un argot que j'ai eu parfois du mal à suivre s'avère vite aussi superflue qu'irritante. »
Zulu de Caryl Ferey -  Sans froisser les louangeurs dithyrambiques qui se sont penchés sur ce roman, comment dire que ce Zulu de Caryl Ferey ne m’a pas spécialement ému, parfois un peu ennuyé, pratiquement jamais embarqué et par moments un peu perdu dans des dédales tortueux. J’avais retenu ce livre d’abord pour le contexte sud africain, et il est vrai que les destinées croisées des laissés pour compte des townships et autres bantoustans sont bien présents, histoire de nous rappeler que le miracle sud-africain et la magie Mandela n’ont pas encore atteint les touchés du sida, et que la violence permanente va de paire avec la misère et le chômage. Mais un ton un peu dogmatique lié à une approche assez décousue de l’intrigue m’ont vite déconnecté des personnages et principalement du supposé héros de l’histoire, le Chef Zoulou de la Police Criminelle du Cap. Ses tourments, ses relations avec les femmes, sa mère, son passé lié à l’apartheid, tout cela est abordé sans jamais vraiment nous entrainer bien loin. On ne s’y attache d’autant moins que l’auteur bascule régulièrement vers un autre personnage central, son collègue blanc, qui deviendra au fil des pages l’épine dorsale du bouquin. »
God's Pocket de Pete Dexter -  L'art diabolique du contre-pied sied magnifiquement à Pete Dexter, ici pour son premier roman (publié en 1983 aux USA). Roman noir, s'il en est, par l'omniprésence du mal et de la douleur de vivre, par ses descriptions ciselées des personnages ordinaires, par la violence des situations, il devient par le détour de scènes incroyables et inattendues aussi drôle que jubilatoire, aussi incongru que sentimental. Imaginatif, efficace, rythmé, drôle, sombre, l'auteur y déploie une superbe panoplie d'intelligence et dextérité pour délivrer un vrai bijou. Du chien qui éternue sur les fesses d'un vieux journaliste en train d'honorer une dame, du cadavre embaumé de Léon Hubbard qui se balade tout au long du livre, en passant par la vieille tante Sophie qui défouraille plus vite que deux mafieux rompus aux armes à feu, ces éclairs sont comme des feux d'artifice tirés dans un ciel très sombre, qui dépeint God's Pocket, quartier pauvre de Philadelphie, par ailleurs ville aux records de criminalité. J'avais découvert Pete Dexter avec PaperBoy, que j'avais déjà chaudement recommandé, alors précipitez vous sur ce livre et sur toute sa production traduite en français. »
Au Delà du Mal de Shane Stevens -  Une Somme ! Du Lourd, du Très Lourd et je ne fais pas référence aux 700 pages environ du livre. En vous plongeant dans ce livre, vous aurez la quintessence des affres d'un serial killer, les arcanes nauséeuses de la politique corrompue, la manipulation de l'information, les luttes assassines de pouvoir des médias, l'horreur des crimes les plus terrifiants, les joutes sexuelles au service du plaisir ou de l'intérêt, le frémissement de l'aile du papillon qui infléchit les destinées, la psychologie fouillée d'êtres "normaux", "fous", une empathie certaine pour ce Thomas Bishop, Serial Killer marqué par une haine farouche et des sévices dans sa tendre enfance, une foultitude de personnages dont les interactions sont menées de main de maître par l'auteur, le tout sur fond d'Amérique du début des années 70 et de l'ère Nixon, propice aux complots, à la collusion des politiques et au retour à un conservatisme assumé. Bien qu'écrit en 1980, ce livre est d'une modernité et d'une actualité évidentes pour les thèmes qu'il développe et surtout par la maestria de Shane Stevens qui démonte, sans avoir l'air d'y toucher, les mécanismes complexes de la responsabilité collective de chacun de nos actes individuels. Un livre noir, réaliste, dense, sec comme un documentaire, qui ne laisse pas insensible et qui s'avale tout cru. A lire de toute urgence. »
Interrogatoires de Dashiell Hammett -  Au cœur des années 50, Dashiell Hammett eût à subir les foudres de la commission Mc Carthy, pour son engagement politique, qui l’ a vu soutenir en particulier assez rapidement la guerre civile espagnole et le parti communiste. Il fût même condamné à la prison ferme. Interrogatoires, est donc un tout petit livre, traduit et présenté par une formidable connaisseuse de Hammett, Natalie Beunat, et publié par les éditions Allia. Il s’agit de la retranscription de ses auditions devant la commission à laquelle il répondra sans relâche “Je ne peux pas répondre à cette question” et “Je dois refuser de répondre à cette question”. Il restera fidèle à sa ligne de conduite, refusant d’entrer dans le jeu pervers d’une Amérique prompte à juger tous ceux qui ne voulaient penser comme le pouvoir en place. »
44 Jours de David Peace -  D’accord, ce n’est pas un roman policier ! Mais pour être noir, c’est bien un roman noir et à ce titre, il a sa place dans ce site à la rubrique Livres et Sport ! Que vous soyez un aficionado du Football ou que vous n’y connaissez rien, peu importe, vous prendrez du plaisir à lire ce livre. L’histoire d’un fameux avant centre anglais, Brian Clough, serial buteur, qui voit sa carrière stoppée net par une blessure qui va le contraindre à se lancer dans le métier d’entraîneur. Fidèle à lui-même, il le fera sans concession, intègre avec ses propres valeurs et certitudes, en butte à un système de pouvoirs bâtis sur l’argent, plein de compromissions, de trahison et de connivences. »
Un Homme très Recherché de John Le Carré -  Par méconnaissance, je ne suis pas un lecteur assidu de John Le Carré. Mais j'ai dégusté il y a peu le film la Constance du Jardinier (tiré de son livre paru en 2001) et lu des critiques plutôt élogieuses de son dernier livre, Un Homme très Recherché. Alors par curiosité, je me suis plongé dans ce roman, plus roman d'espionnage que roman policier, avec un fort crédit d'intention et une sympathie initiale que ma lecture n'a fait que renforcée. Ici, point d'action (ou si peu) mais des personnages complexes, ambigus, denses, que l'on prend un malin plaisir à suivre dans une histoire mêlant terrorisme, finance, lutte des services spéciaux, le tout servi par une écriture et un style aussi précis qu'efficace. Sans être le chef d'œuvre attendu, j'y ai pris du plaisir ! »
Une Tombe Accueillante de Michael Koryta -  Franchement convenu, terriblement prévisible et finalement hautement dispensable ! Voilà une énième histoire du détective privé qui met (volontairement) le doigt dans un engrenage dangereux pour les beaux yeux de son ex-fiancée (qu'il n'aime pourtant plus du tout), engrenage qui va faire de lui le premier suspect de plusieurs meurtres et qui va le conduire à démêler en quelques jours une histoire (supposée) complexe, alors que la police de deux états n'y voit que du feu et se laisse piégée par les premières conclusions aussi évidentes qu'erronées. La fâcheuse impression d'avoir lu le même bouquin des centaines de fois, de revivre des situations mille fois décrites ne m'a pas quitté et du coup, dès le milieu du livre, on connaît, sans trop de se creuser les méninges, le dénouement et le coupable. Sincèrement, pour son 200ième numéro de la collection Policier, Seuil aurait pu dénicher un Polar autrement plus digne de ce nom que cette nouvelle production américaine absolument sans saveur. »
Ceux qu’on aime de Steve Mosby -  J'en attendais plus de ce roman d'un auteur présenté comme très prometteur. Une bonne facture, un suspens convenable, sans pour autant être diabolique, un polar dans la bonne moyenne avec juste un point de départ singulier qui aurait pu donner lieu à plus de fantaisie, mais qui là, est sous-exploité. L'absence de ces petites marques physiques d'affection, de contacts réels, de démonstration spontanée et vivante des sentiments envers l'être aimé peut-elle tuer ? Solitude, contacts virtuels par mail, absences par défaut, par lâcheté, par négligence ou tout simplement par fainéantise sont ils les maux d'aujourd'hui dans des relations interpersonnelles de plus en plus dématérialisées ? La réponse à ces questions aurait pu donner un peu plus de corps au livre qui malheureusement diverge vite vers la facilité d'une histoire de tueur en série (une de plus me direz vous, à juste titre) qui laisse mourir ses proies en les abandonnant ligotées sans eau ni nourriture et en faisant croire à leurs proches qu'elles sont toujours vivantes. Un mail de temps à autre suffit-il à faire croire à leur présence et leur bonne santé ? »
Les Clous du Fakir de Pierre Hanot -  Une lecture en crescendo : Au début, il m'a été difficile de rentrer dans ce livre à l'écriture déstructurée, éclatée, parfois logorrhéique, mais ce qui m'a fait poursuivre est l'urgence de cette écriture, sa densité, sa violence contenue en parfait accord avec l'état d'esprit du personnage principal, frénétique, violent, définitif, animal mais également terrassé par l'amour pour sa petite famille. Un père, fou de douleur et de haine suite à la perte de sa fille, un père qui pense vengeance, vit vengeance et en profite pour dresser le bilan d'une vie et d'une éducation, qui peut-être et même sûrement, sont loin d'être étrangères à la terrible situation qu'il affronte. Le dénouement du livre, d'ailleurs, abrupte et surprenant, apporte un éclairage singulier sur cette responsabilité. J'ai poursuivi ma lecture avec un plaisir grandissant pour m'être totalement retrouvé dans l'esprit et les références de ces années 60-70, mêlant Hendrix, Oum Kalsoum et Battle Briton pour l'atmosphère, l'urgence et le plaisir de ces années bénies que les moins de 40 ans auront du mal à comprendre et qui sont excellemment restitués. »
La Vieille Dame qui ne Voulait pas Mourir avant de l'avoir Refait de Margot D Marguerite. -  Voilà un roman à découvrir ! Etonnant, captivant, bien troussé, personnages sortant de l'ordinaire, une teinte politique nous ramenant quelques années en arrière (vieille dame oblige), ce roman est une réelle bonne surprise. Voilà une vieille dame, figure tutélaire d'une famille (au sens large) de vieux gauchos révolutionnaires (même très vieux) rangés des voitures qui retrouve le chemin de la lutte armée pour venger sa petite fille, sauvagement torturée et assassinée par des mafieux sans foi ni loi. Comment Papy, Mammy, leurs potes et leur descendance fouraillent à tout va comme au bon vieux temps des rizières indochinoises ou des plateaux espagnols franquistes au grand dam et à l'incompréhension effarée des nouveaux malfrats, proxénètes et autres dealers de drogue actuels. »
Paiement Cash d'Elmore Léonard -  Mitchell est un homme comblé. Il est directeur d'une usine à Detroit et détenteur d'un brevet qui l'a lui même inventé. Il a deux grands enfants et une femme sublime. Mais un jour il trompe sa femme avec une femme qui à l'âge de sa fille et trois petits malfrats vont le faire chanter. En plus de ça, un syndicaliste du nom de Jasik vient "foutre la merde" dans l'usine. Alors on se dit que Mitchell est vraiment mal barré mais il ne va pas se laissé faire.. Il va à la manière d'un detective remonter jusqu'à ces trois personnes et mettre le troubles pour les faire paniquer... »
Une Brève Histoire du Roman Noir par Jean-Bernard Pouy -  Encore une histoire du Polar ?? Que Nenni, comme à son son habitude, Jean-Bernard Pouy détourne le genre "dictionnaire" pour nous proposer six groupes d’écrivains : les aiguilleurs, les forcenés, les pessimistes, les allumés, les étoiles filantes, les intellos. Un ultime chapître indique son choix : Noir devant. On retrouve des écrivains chers à l’auteur et quelques chouchous de Polar Hardboiled: Westlake, Chandler, Crews, Brautigan, Charyn. »
Un Amour Fraternel de Pete Dexter -  Pete Dexter, ou l'art de l'ellipse. J'avais déjà dit tout le bien que je pense des livres de Pete Dexter à deux occasions, avec God's Pocket et Paper Boy. Eh bien ce livre, beaucoup plus ancien que les précédents, ne déroge pas à la règle. Un histoire familiale complexe au sein de la Mafia de Philadelphie, un homme tiraillé entre le poids de l'hérédité, ses blessures de l'enfance, sa nécessaire fidélité à son clan et le conflit larvé qui l'oppose à son cousin. »
Tu ne Marcheras Jamais Seul d'Eric Giacometti et de Karim Nedjari -  Plutôt bien ficelée, cette rencontre improbable entre le Thriller et le Foot ! Tous les ingrédients y sont pour une recette réussie, où les fanas du Foot retrouveront sans souci toutes leurs références, à commencer par celle du titre (hymne cher à Liverpool) en passant par France 98, le dopage et le Foot Business et où les amateurs de Thriller bien troussé pourront dévorer cette histoire d’assassinats en série, de tueurs sadiques à la méthode aussi surprenante que pertinente (dans ce roman). Le roman se déguste comme un bon plat familial simple et sans fioriture mais somme toute rassasiant pour les amateurs du genre. Certes, on pourra lui reprocher une fin un tantinet granguignolesque, quelques caricatures du monde du Foot (mais celui-ci n’est-il pas parfois sa propre parodie !), des clichés un peu ressassés, mais l’ensemble se tient et reste assez agréable à lire. On sent parfois que ces deux pros de mondes opposés (un journaliste sportif et un écrivain de thriller) ont chacun voulu mettre les balises essentielles de leur terrain de prédilection. Le livre se lit donc avec plaisir et l’histoire bien construite sert de fil conducteur que l’on peut dénouer sans trop de difficulté et avec un certain détachement, propice au décodage de signaux laissés ici et là pour mêler habilement fiction et réalité que tout amateur de Foot ne saurait ignorer. »
Vipère au Sein de James Hadley Chase -  Harmas est un enquêteur en assurances. Quand son patron flaire une escroquerie réalisé par un couple d'artiste, il ordonne à Harmas d'enquêter sur cette affaire... »
Remington de Joseph Incardona -  Remington, c'est le nom d'une marque de fameuse machine à écrire, chère aux écrivains, mais aussi celui d'une marque de fusil, à l'efficacité non usurpée. Le roman joue justement sur ces deux registres en décrivant un personnage d'écrivain tourmenté en herbe, Matteo, dont l'histoire va mal se finir. On sent confusément dés le début que la vie va lui jouer un sale tour, mais l'auteur prend son temps et nous dépeint, avec une certaine justesse, le quotidien de cet apprenti écrivain. Petits boulots pour vivre, atelier d'écriture pour la passion, orgueil du romancier maudit pas encore publié mais sur de son talent, les pages du roman s'égrènent sans ennui et l'on comprends à l'irruption d'Elsa qu'elle sera l'instrument de sa perte. Liaison fatale certes, mais dans un sens assez surprenant bien en phase avec ce monde de dupes et de paillettes que celui de l'édition, tel que le décrit l'auteur. Un polar (ou presque) dans le monde feutré de l'édition et des écrivains ou comment mêler la plume et le fusil. Belle trouvaille et plutôt bien traitée ! »
La Trilogie Berlinoise de Philip KerrPhil Marlowe chez les Nazis !! Ou comment transposer l'univers des Etats Unis des années 30 à celui de la montée du nazisme dans une Allemagne qui prépare les Jeux Olympiques de 1936. Un sentiment très partagé prévaut à la lecture de ces trois romans, car voire déambuler un détective privé, ancien membre de la Kripo, aux détours de son enquête en y croisant des figures historiques nazies plus que tristement connues, telles Heydrich, Himmler ou encore Goering, et en voyant l'Histoire s'écrire au jour le jour (et quelle Histoire !) est une expérience aussi rare qu'envoûtante. Car la réussite de cette trilogie est bien de mêler le quotidien du détective aux tourments de cette époque avec une puissance évocatrice aussi glaçante qu'efficace. D'ailleurs, la transformation de Bernie Gunther au fil de ces 3 romans est le reflet même de la grandeur supposée de l'Allemagne hitlérienne des Jeux de 1936 et de sa décadence et ses décombres post défaite en 1947, avec ses bassesses, ses abjections, ses horreurs, ses complicités passives de chacun, et ses sentiments d'irresponsabilité teintée de fatalisme. De l'enquêteur désabusé et courageux dans le premier roman, on passe à la fin de l'époque à un homme brisé, coincé entre "dénazification", espionnage pour le compte des puissances américaines ou russes, prélude à la guerre froide. »
La Récup' de Jean-Bernard Pouy -  De la bel ouvrage ! C'est la première réflexion que l'on peut se faire après la lecture savoureuse de cette Récup' qui est loin d'en être une ! En effet, voilà un roman bien écrit, qui vous prend par la main, vous divertit, vous titille les neurones, mais juste ce qu'il faut, avec une histoire dans l'air du temps qui mêle malfrats russes, corruption, magouilles industrielles et financières, le tout assaisonné d'une pointe d'humour bon enfant mais toujours de qualité. C'est un artisan serrurier (ex-malfrat quand même, on est dans un polar !) qui va jouer les grains de sable dans une machination à mille lieux de son monde habituel. Comment pour quelques malheureux 10 000 euros et beaucoup d'orgueil et de loyauté, faire capoter une affaire de plusieurs millions. Antoine, dit Loulou, serrurier de son état se voit confier, au titre de ses talents sur des mécanismes anciens, un petit boulot vite fait et bien payé. Mais les payeurs seraient plutôt des casseurs et Antoine se retrouve vite dans le coma. »
Le Roi des Juifs de Nick Tosches -  A la base, il s'agirait de la biographie d'un célèbre gangster juif new-yorkais des années 1920, Arnold Rothstein, et j'avais donc choisi ce bouquin sur le "présumé" thème et sur la réputation de son auteur, auréolé de louanges dithyrambiques pour quelques uns de ses ouvrages, présumé être un monument de la littérature américaine, quoique un peu décalé, ajoutant ainsi à mon attirance et ma curiosité.
Seulement voilà, les premières 250 pages sont plus proches d'un vide-grenier individuel (le propriétaire n'ayant même pas pris la peine de sélectionner ses articles et a minima de les mettre un tant soit peu en valeur), avec un salmigondis de déblatérations sur la religion, les Etats-Unis, le Moyen Orient, New York et son ancien maire Guiliani (qui n'a pas l'heur de plaire à l'auteur), des anecdotes aussi bienvenues que des "yeux dans la soupe", des digressions que je mettrai, dans ma grande mansuétude, sur le compte de la consommation de substances illicites ou d'un abus d'alcool frelaté, la retranscription de rapports de police aussi attrayants que la lecture du Bottin, en un mot une vraie bouillie. »
Dope de Sara Gran -  Je dois commencer par un aveu : j’ai acheté Dope de Sara Gran à cause cette couverture où des lèvres pulpeuses flirtent avec une cigarette, pas loin de se transformer en mégot, sous des volutes qui vous conduisent tout droit vers ce titre un rien provocateur Dope. Merci donc pour cette couverture attractive, car je n’ai pas regretté ce choix pour un bon petit polar, agréable à lire, vivant, avec des personnages auxquels on croit, aussi louches qu'attachants et une héroïne, Joséphine (notez le côté désuet de ce prénom dans un Polar), qui connaît d’autant mieux ce milieu, qu’il a été le sien il n’y a pas si longtemps, quand elle se piquait dans le creux des bras et qu’ elle subissait la loi de flic véreux. Le fait d'avoir situé le récit dans le New York des années 40-50 lui donne un côté un peu suranné, voire même un goût de pastiche ou d'hommage bien troussé aux classiques du genre. Mais cela n'enlève rien aux descriptions du monde interlope de la drogue, des dealers, des bas-fonds new-yorkais et de la vie âprement dure des putes camées et perdues. »
Méfiez vous fillettes ! -  4ème de couverture : S'il n'avait pas fait si chaud à Saint Louis cette nuit-là, si deux journalistes ne s'étaient pas saoulés pour l'oublier au point de tout croire possible, s'ils n'avaient pas eu l'idée d'appeler un taxi pour se réfugier dans le seul endroit frais sur des kilomètres à la ronde, si le chauffeur n'était pas entré avec eux dans la morgue et n'avait pas soulevé le drap cachant le corps voluptueux d'une jeune prostituée, s'il n'y avait pas eu cet instant trouble où les tabous les plus forts peuvent sauter, alors Philips ne se serait sans doute jamais assis dans la fraîcheur blanche des carrelages pour raconter l'étonnante histoire de Raven et Sadie Perminger… »
Instinct du couple Jérôme Chanut et Nathalie Hug -  Vous cherchez un Polar pour l’été ? Et pourquoi pas un Thriller un peu spécial : Instinct du couple Jérôme Chanut et Nathalie Hug qui viennent nous déranger un peu plus : Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante… Et s’il suffisait d’un seul homme ? Pour que nous nous mettions tous à douter…Après Prédation et Stigmate, ce nouveau thriller se veut un peu plus dérangeant encore. Ce Livre, publié aux éditions Télémaque a été sélectionné par la FNAC dans « Attention Talents ». A suivre, dès que je l’aurais lu !
Charades pour écroulés -  La quatrième couverture de la collection carré noir : "Betty était assise à côté de moi sur la banquette. Elle regardait droit devant elle, sans dire un mot. Elle ne voyait pas le brouillard, ni l'arrière du camion que nous étions sur le point de dépasser. Elle ne voyait rien. Elle était là, comme la statue du désespoir.Comme quelqu'un qu'on est en train d'emmener à la mort. Ou alors elle était la meilleure petite simulatrice qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer" »
Le Pic du Diable de Deon Meyer -  C'est en ce moment la mode des livres où la même histoire est vécue et racontée aux travers des yeux de différents personnages. Deon Meyer ne déroge pas ici à cette règle avec un livre "chorale" où trois destins se croisent dans un même histoire passionnante et douloureuse. Mais il le fait avec un supplément de talent qui rend ces personnages plus attachants, plus réels, plus psychologiquement tourmentés enfin proches de nous. Cette narration croisée nous fait découvrir Thobela, guerrier xhosa, que le meurtre de son fils par une balle perdue lors d'un cambriolage va transformer en justicier aveugle et parfois équivoque, Christine, devenue call-girl en réponse à une éducation dure par un père Afrikaner puritain et autoritaire et enfin Griessel, flic en proie aux tourments de l'alcool et en rupture des liens familiaux. Si le livre est magnifiquement construit avec beaucoup de contraste, d'humanité et de violence, il le doit en grande partie au talent narratif de Deon Meyer qui malgré les méandres d'un récit labyrinthique maîtrisé nous conduit à une proximité touchante vis à vis de ses personnages. Toutefois, le livre m'a laissé un petit goût amer avec des arrières pensées un rien équivoques sur l'auto défense et la justification de la justice personnelle. »
Faux Semblants de Jeff Abbott -  Terriblement efficace mais tellement prévisible ! Bon, je dois l'avouer j'ai été drôlement accroché à ce livre pour aller jusqu'au bout le plus rapidement possible. Mais, toutes les ficelles des thrillers "made in USA" que l'on a lus et relus a satiété ces derniers temps, finissent par un peu gâter le plaisir. Découpage en courtes séquences, croisement des visions de chaque personnage, petits détails parsemés ici et là pour permettre l'ajustement du puzzle final, rebondissements, voilà tous les ingrédients d'un bon film américain que l'on a vu déjà mille fois et que l'on aura oublié sitôt vu. Certes, Jeff Abbott est plutôt efficace et tente de démarquer ses personnages des clichés habituels, comme avec ce duo d'enquêteurs, un juge, à la dégaine plus proche de celle d'un surfeur adolescent attardé et vaguement flémard, que du costume croisé d'un politicard retors et une inspectrice pas si sure d'elle-même et récemment divorcée. Manipulations, zones d'ombres, secrets de famille profondément enfouis, tout est donc Faux semblants pour un polar à lire rapidement sur la plage, au lit ou dans le train. »
Pronto d'Elmore LeonardHarry Arno est un book de Miami âgé de 66 ans qui décide de prendre sa retraite mais suite à une info d'un flic; il apprend que le FBI lui fait un enfant dans le dos pour coincer son chef Jimmy Cap. Donc Jimmy Cap mort à l'hameçon et envoi deux hommes à lui pour liquider proprement Arno.
Mais c'est sans compté sur Givens, un Marshall qui a bien connu Arno et qui est aussi chargé de le retrouvé car un mandat d'arrêt cours sur sa tête. Tout ce beau monde va se retrouver à Rapallo en Italie lieu de retraite de Harry Arno.... »
Des Vies parallèles de Jose Ovejero -  Est-ce bien un polar ? Pas si sur, car la trame policière est aussi mince que le portefeuille de Daniel, chiffonnier à ses heures, tout droit sorti d'hôpital psychiatrique et titulaire d'une de ces vies parallèles. Avec les autres personnages de ce roman sombre, ils forment un kaléidoscope aussi varié qu'hypnotique où s'entrecroisent les destins d'un banquier belge, d'un avocat machiavélique et hautain, d'un ancien sbire congolais et d'une paumée rêveuse. Une écriture ciselée, des portraits profonds, des digressions sociales et politiques intéressantes font la richesse de ce roman qui se lit avec intérêt et avec juste la pointe de curiosité pour vous amener doucement vers la chute, aussi sombre que le roman. »
Mon pote le vendu de Bill Pronzini -  Un flic abattu, sur son seuil, par un Chinois. Et son copain le privé, blessé lui aussi, mais moins gravement, se met en rogne. Car il découvre qu'on avait tenté d'acheter son copain, pourtant réputé pour son intégrité. Alors, il enquête. Dans Chinatown. Ce qui signifie dangers multiples et coups tordus. »
Le Canard en Fer Blanc de Day Keene -  Jim Bishop est un aventurier qui parcourt l'Amérique centrale et du sud depuis une dizaine d'années comme aviateur quand il se fait arrêter pour meurtre et est condamné à mort. Le bouquin commence quand Bishop est en taule dans un bled d'Amérique Centrale.... »
L'Homme qui marchait avec une balle dans la tête de Philippe Pollet-Villard -  Chronique d’un gangster ordinaire, ce livre est une sorte de road-movie singulier et attachant, tout simplement parce qu’il nous parle au cœur. On est ici loin, très loin, de certains canons actuels faits de sang, de sexe, de violence gratuite. C’est un premier roman de l’auteur mais c’est surtout une réussite car ce personnage de gangster qui fait des casses comme on devient représentant de commerce ou mécanicien pourrait être votre copain d’enfance à qui la vie a joué un mauvais tour. Une vie donc, remplie de tous ces petits riens qui vous font grandir, de ces quelques grands drames qui vous font vieillir prématurément. »
Un hiver de glace de Daniel Woodrell -  Pour démarrer cette nouvelle année, j'ai ressorti un polar d'ambiance aussi glacial que sombre. Vous frissonnerez, mais sans savoir si c'est d'effroi ou de froid. Daniel Woodrell nous narre la quête d'une jeune fille partie à la recherche d'un père disparu, moins par amour filial que par nécessité impérieuse, pour ne pas perdre le peu qu'il lui reste. Car il faut dire que cette petite de seize ans doit s'occuper seule de ses deux petits frères et s'accommoder d'une mère devenue folle. L'enjeu est de pouvoir garder la maison dans laquelle tout ce petit monde survit et que la disparition du père met en péril. Voilà le tableau est brossé et il s'avère dur, brutal, foncièrement noir même si la neige recouvre les paysages de cette campagne reculée américaine. »
Les Allongés de Charlie Williams -  Chronique d'un petit malfrat de province anglaise ou dérive d'un psychopathe un peu bas de plafond ? Les allongés de Charlie Williams est un peu des deux avec les déboires de Royston Blake qui passe du statut de videur en chef respecté de la seule boîte de nuit de Mangel à la spirale infernale des meurtres et violences pour tenter de retrouver son honneur perdu. Mais cette descente aux enfers est aussi l'occasion de découvrir les limites de ce cher Royston, qui croît fourbir ses armes et monter des plans astucieux mais qui ne fait que réagir à ses pulsions primaires qu'elles soient sexuelles, violentes ou vénales. Quand la bêtise crasse le dispute à la méchanceté, quand la violence est au service d'une virilité primaire, on hésite entre rires, consternation, jubilation ou écœurement. »
Cripple Creek de James Sallis -  Partagé pour ne pas dire déçu. James Sallis a souvent été un des meilleurs impressionnistes du polar. J'en veut pour preuve Bluebottle que j'avais dévoré en son temps et qui me l'avait fait découvrir. J'ai voulu transformé cet essai avec ce nouveau livre. Sa puissance évocatrice et sa qualité d'écriture font toujours merveille pour cette somme d'histoires, de scènes, de personnages, de digressions, d'anecdotes et d'actions. Il sait installer une atmosphère, souvent pesante, souvent nostalgique, mélancolique, voire désabusée, mais toujours pleine d'émotions ou de violence faisant dérouler les chapitres telles des pièces finement ciselées d'un puzzle à venir. Sauf que le puzzle, il tarde vraiment à venir et j'ai eu un mal fou à en garder le fil directeur et à lui trouver une image d'ensemble. Quand la narration elliptique est poussée à l'extrême, l'ellipse s'aplatit, finit par s'estomper et devenir le fil tenu qui relie le lecteur au bouquin. Perdu dans ces ellipses successives et ces digressions variées, ce fil finit par casser, certes avec beauté et élégance mais il casse ! De la promesse d'un polar impressionniste digne de James Sallis, je suis passé à la déception d'un patchwork d'histoires écrites certes avec qualité mais au final, décousu et trop flou. »
Les Boxeurs Finissent mal ..en général de Lionel Froissart -  Un livre en douze rounds ? douze chapitres plutôt, sur le monde de la boxe avec tous les ingrédients habituels, (pas très éloignés du polar d'ailleurs), des durs à cuire (au sens propre), des gangsters, des destinées cruelles, des femmes vénéneuses. La trouvaille du livre, c'est de combiner des faits réels avec un soupçon de romanesque et quelques changements de décor. Pour les nostalgiques, on retrouve les grands boxeurs qui ont fait l'actualité, de Jake la Motta à Carlos Monzon en passant par Cerdan et the Greatest, Muhammad Ali. Des personnages hors du commun vus par des angles inhabituels. »
Avant le Gel de Henning Mankell -  Je termine mon périple dans le Polar Scandinave avec Linda Wallander, digne fille de son père, le plus ténébreux que jamais flic cher à Mankell, Kurt Wallander. Heureusement que les brumes hivernales s’éloignent car Avant le Gel est surtout une plongée plus que glauque et déprimante dans l’enfer des lavages de cerveaux. Le début du livre nous fait remonter prés de trente ans en arrière, à une époque où Jim Jones et sa trop fameuse secte organisait un suicide collectif en Guyana. Point de départ du livre, l’aventure d’un rescapé de cette folie humaine est l’occasion de patauger jusqu’au cou dans l’horreur et le malsain. »
Pig Island de Mo Hayder -  Autant j'avais aimé Tokyo de Mo Hayder, autant je reste un peu sur ma faim avec ce Pig Island. Enfin façon de parler, car ce livre vous couperait plutôt l'appétit et vous ferait même vomir tant il flirte avec le sanglant, la putréfaction, la pourriture des corps et le satanisme. On est donc très loin d'un Polar Hardboiled car la chère blonde Mo Hayder, britannique douée, a décidé de faire dans le très gore, le très gothique, le très déviant sexuel, zoophilie en prime, en un mot un thriller diabolique (au sens premier du terme). »
Tout ce que Vous Direz Pourra être retenu contre Vous de Laurie Lynn Drummond -  Beaucoup d'humanité dans un monde de brutes. Surtout quand les brutes sont cinq jeunes femmes, qui n'ont pas froid aux yeux, qui font un job difficile dans un monde d'hommes, qui se posent des questions, en clair des femmes flics. Le premier livre de Laurie Lynn Drummond, ex-flic de Baton Rouge en Louisiane, est un recueil de nouvelles mais qui a la cohérence d'un roman, avec en fil conducteur le vécu réaliste de ces cinq femmes flics et de leur difficulté à supporter au quotidien un métier où elles côtoient mort, violence, viol et tourments personnels. Ce premier livre, très réussi, est bien dans la veine Hardboiled car il s'attache aux faits bruts, à l'action, aux comportements, mais aussi et surtout, aux réflexions basiques ou métaphysiques de ces femmes face à leur relation avec ce métier. »
Baka de Dominique Sylvain -  Baka !, Non, non, je ne vous insulte pas en japonais (baka veut dire idiot ou con dans la langue de Mishima), mais il s'agit tout simplement du titre du dernier et premier livre de Dominique Sylvain. Premier roman car publié en 1995, dernier car réécrit et actualisé en 2007. Je suis donc tombé sous le charme du style de Dominique Sylvain, direct, déroutant, emprunt parfois de fantastique sans rien concéder à la complexité et aux rebondissements de l'intrigue. Et puis, le roman se passe à Tokyo, ville pour laquelle j'ai plus qu'un faible, mélange de cauchemar de banlieue, Sarcelles à la puissance dix, de modernité et de tradition, avec sa faune improbable de yakusas, de politiciens corrompus, d'ados reclus volontaires (hikikomori), d'hommes de mains de la mafia japonaises (chimpura), de gaijins (étrangers pour les japonais). »
La Souffrance des Autres de Val McDermid -  D'habitude, je n'aime pas trop les histoires de Serial Killer, car ceux-ci ont définitivement basculé de l'autre côté du miroir et naviguent dans les eaux profondes et troubles de la pathologie extrême. Pas assez d'humanité, trop de sang, trop de déviances, trop de perversités, trop d'abominations, alors qu'à dose mesurée, ces ingrédients font le sel et la saveur de tout bon polar. Mais justement La Souffrance des Autres de Val McDermid traite de la profondeur et de l'épaisseur de chacun d'entre nous à travers ses faiblesses, ses fêlures, ses forces et sa capacité à surmonter ses propres ambiguïtés face à l'adversité. Chacun possède ses zones de mystères et nul n'est tout bon ou tout méchant. Le manichéisme et ses logiques simplistes ne sont pas de mise dans ce superbe livre de Val McDermid, qui manie la pâte humaine et qui nous dérange comme personne. »
Une Erreur Judiciaire de Anne Holt -  Captivant, profond, psychologique, bien ficelé, le livre de Anne Holt est à l'image de l'école scandinave chère à Mankell ou Staalesen et objet d'un dossier spécifique sur ce site avec le Polar Scandinave. J'y ajouterais même ici pour cette Erreur Judiciaire, un côté angoissant du livre, lié au thème de l'enfance maltraitée avec une série de disparitions et meurtres d'enfants, qui met vite mal à l'aise. Pourtant l'intrigue vous prend par le collet très rapidement pour ne pas vous lâcher et vous traîner, je dirais même vous entraîner dans les recoins d'une enquête qui parcourt près de 50 ans de la société norvégienne. »
Derniers Verres de Andrew McGahan -  Polar profond, agréable, qui touche aux tourments de l'âme et aux fêlures internes. Quand on est alcoolique repenti, journaliste dans le journal d'un bled perdu du Queensland, qu'on coule, ma fois, une vie paisible, voir en pleine nuit resurgir son passé trouble que l'on a mis prés de dix ans à enfouir très profond et même à réussir à vivre avec, c'est vraiment dur d'autant plus quand cette irruption prend la forme pour le moins désagréable du meurtre horrible d'un de vos anciens compagnons de fortune. Car fortune, il y avait dix ans auparavant quand Georges était un journaliste reconnu, qu'il vivait la grande vie au prix de quelques arrangements avec la loi et la morale. »
Les Esclaves de Paris d'Emile Gaboriau -  Une curiosité ! Émile Gaboriau (1832 -1873) est considéré comme le père du roman policier. Les éditions Manucius re-publie enfin Les Esclaves de Paris. Les Esclaves de Paris paraîtront en feuilleton dans Le Petit Journal en 1867. L'ouvrage en conservera le style haletant et enlevé propre à "happer" le lecteur jusqu'à la dernière page. Situé entre l'Affaire Lerouge et Monsieur Lecoq, il fait partie de la grande saga policière de Gaboriau et est sans doute l'un de ses romans les plus accomplis; bizarrement il est également l'un des moins connus et n'a pas été republié depuis 1936 alors qu'il connaît des rééditions régulières en Angleterre et aux États-unis. Son premier opus l'Affaire Lerouge connaît un immense succès. On y découvre le personnage emblématique de son œuvre, Lecoq, agent de la sûreté, puis célébrissime commissaire qui inspirera Conan Doyle dans la création de son fameux Sherlock Holmes. »
Ikebukuro West Gate Park de Ira Ishida -  Marre des brutes au regard profond, des durs à cuire style Humphrey Bogart, envie de retomber en enfance et de croire que tout peut réussir avec un chef de clan sympa, des potes toujours partant et de l'entraide pour de nouvelles aventures. Alors plongez vous dans Ikebukuro West Gate Park de Ishida Ira. Ikebukuro est donc un quartier commerçant de Tokyo, où se côtoient étudiants sur le retour, yakuzas pur jus, lycéennes japonaises qui n'ont pas froid aux yeux et en uniforme (micro jupes, socquettes blanches), en un mot le terrain de jeu du héros du livre : Mokoto, ancien étudiant qui glandouille à droite à gauche. Confronté à la difficulté, il se découvre des talents d'enquêteur, de sauveur, de grand frère comme on dit maintenant dans les banlieues chaudes et de chef de bande, plutôt style Club des Cinq que Cosa Nostra. »
Drama City de Georges P. Pelecanos -  Chronique douce amère de la vie d'une cité et d'un milieu au travers du filtre de deux personnages ordinaires et attachants car solides et fragiles à la fois, confrontés à leurs propres démons, penchants et autres contradictions. Drama City n'est pas à proprement parlé un polar, il s'agirait plutôt d'un livre sur la rédemption, le respect de soi-même, la difficulté de vivre avec ses fautes et in fine la capacité à se racheter. Evidemment, ce ne sont pas les beaux quartiers de Washington DC que nous dépeint ici Pellecanos, mais comme à son habitude, la noirceur des faubourgs blacks et chicanos que se partagent les bandes rivales et les dealers de drogues. La violence et les flics y sont forcément présents, mais plutôt comme environnement incontournable d'une époque plus âpre que jamais. D'ailleurs, les deux personnages principaux, Lorenzo Brown et Rachel Lopez sont loin d'être des saints. »

 
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