Jayne Mansfield 1967 de Simon Liberati
Aussi noir qu’était blonde la chevelure de Jayne ! Ou du moins, la perruque de Jayne, celle là même qui, accrochée à la portière de la Buick bleu métallisé réduite à un amas de tôles, fera croire ou engendra la rumeur que Jayne avait été décapitée dans ce tragique accident de Juin 1967. Point final des deux dernières années de Jayne Mansfield, icône médiatique de la décadence du star système d’Hollywwod, précurseur des Pamela Anderson, Paris Hilton et autre Lindsay Lohan d’aujourd’hui, chantre de la vacuité décadente et de l’apparence obscène. Mais Jayne était bien plus que cette image triviale de « dumb blonde », avait bien plus de profondeur que ces dérives et excès de sexe, de drogues, de navets irregardables, de ferveurs sataniques ou de collections d’amants aussi nombreux qu’improbables. Simon Liberati n’a pas écrit une biographie, il nous donne à connaitre, ou du moins, à effleurer la nature profonde de cette blonde au QI de 163, cultivée et mélomane, faisant la couverture de Life à 23 ans, morte déchiquetée à 34 ans et ayant brulé la vie par les deux bouts entre temps avec une seule quête perpétuelle, la gloire, l’apparence, le désir universel de plaire et la persistance au firmament. En cela, c’est un livre noir, crépusculaire, tragique, hésitant avec talent entre esthétique monstrueuse et compassion mélancolique.
Ce livre est tout sauf une biographie. Vous ne saurez presque rien sur les navets
tournés par la star, sur les années de gloire (1955-1959) qui firent de Jayne un sex-symbol incontournable, sur son enfance, ses voyages, ses premiers mariages, ses maternités (elle a eu 5 enfants),
mais vous vous délecterez des derniers 18 mois de sa vie, de sa réputation de has been à partir de 1960, de ses descentes aux enfers, de ses tournées miteuses de cabaret en cabaret à surjouer son personnage de stripteaseuse glamour, de ses excès de violence sous l’emprise de la drogue, de l’alcool et de son désir effréné de sexe, de ses fameuses scoosa hours où elle pète littéralement un plomb, de sa collection minutieuse de tout ce qui est écrit, dit, photographié sur elle-même comme pour se persuader de sa propre gloire, de ses humiliations par ceux-là même qui l’avaient adorée et vénérée, de ses épuisements, de son dernier compagnon, l’avocat Sam Brody, archétype de l’homme qu’elle a toujours voulu
attiré, mélange de violence irrépressible, d’amour sauvage et immodéré, mais qu’elle pouvait dominer car il
avait été l’un des rares (le seul peut-être) à avoir tout quitté pour elle, une femme, des enfants, un métier florissant et finalement la vie elle-même, puisqu’il finira broyé dans la même Buick bleu métallisé en ce soir du 29 Juin 1967 sur une route de Louisiane entre Biloxi et La Nouvelle Orléans .
Vous toucherez du doigt cette période si spéciale de transformation de la société où se mêlèrent la fin des années bien pensantes, le mouvement hippie, la flambée des pensées sataniques (Charles Manson et Sharon Tate ne sont pas loin), la cruauté des milieux interlopes, l’intellectualisation du cinéma américain sous l’influence grandissante de l’Europe (début des Roman Polansky et autres Milos Forman), la violence du Grand Hollywood, les manigances des bourgeoises boursoufflées de jalousie, la vraie vie, quoi !
Vous toucherez du doigt cette période si spéciale de transformation de la société où se mêlèrent la fin des années bien pensantes, le mouvement hippie, la flambée des pensées sataniques (Charles Manson et Sharon Tate ne sont pas loin), la cruauté des milieux interlopes, l’intellectualisation du cinéma américain sous l’influence grandissante de l’Europe (début des Roman Polansky et autres Milos Forman), la violence du Grand Hollywood, les manigances des bourgeoises boursoufflées de jalousie, la vraie vie, quoi !
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Une Vie en quatrième vitesse