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Polar Hardboiled

Vous les Durs à Cuire, suivez la route du Polar Hardboiled, du Roman Policier Noir

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Vendetta de R.J. Ellory

Vendetta, c'est d'abord une histoire de familles, de deux familles, celles évidemment de la Mafia à la manière des Affranchis et du Parrain, mais surtout celle de Enersto Perez, homme de main cubain et tueur implacable au service de la Mafia. Mais c'est loin d'être une énième histoire de Cosa Nostra italienne, due en grande partie à la virtuosité de l'auteur R.J. Ellory pour nous faire traverser cette formidable épopée au cœur du crime organisé et surtout à la confession courant sur prés de 50 ans de Ernesto, tueur impitoyable, psychopathe mais cultivé, loyal et avec un sens aigüe de la famille, la sienne avant tout. Son confesseur, Ray Hartmann, est un peu comme nous, lecteurs, tantôt subjugué par cet homme et ses paradoxes, tantôt écœuré et horrifié par ses actes au sein de la Mafia. Il est aussi question d'absolution, de rédemption, de choix, de responsabilité et de déterminisme : les circonstances conditionnent-elles nos actes et nos décisions ou avons nous in fine le pouvoir de tordre la fatalité des destins ?
R.J. Ellory y répond de façon brillante, au fil de ce pavé retraçant une histoire de la Mafia italienne et du crime organisé aux États-Unis des années 50 à nos jours. On y croise les grandes figures de New York, Chicago ou Miami, des noms connus tels que Jimmy Hoffa, Marilyn Monroe ou Franck Sinatra mais on s'attache, un peu à contre-cœur, à ce tueur à gages qui décrit par le menu, le quotidien des hommes de main, des décisions des capos et autre lieutenants, des meurtres et intimidations, des accords inter-mafia en commençant par son tout premier meurtre à l'age de 13 ans dans sa Nouvelle Orléans natale. J'ai eu parfois le sentiment de revoir Les Affranchis ou Casino, mais heureusement l'autre volet du livre avec le confesseur Ray Hartmann, flic alcoolique en proie à des déboires familiaux, vient nous rappeler la dure réalité de la condition humaine et sert de fil conducteur aux interrogations sur la responsabilité et notre destin.
Le rythme du livre reprend cette dualité entre épisodes du récit de Ernesto et introspections sur la quête de sens de la vie. Des rebondissements, de l'intrigue, de la corruption, de l'amour évidemment, familial et sexuel, de l'histoire et avec tous ces ingrédients, l'auteur a mijoté un plat que l'on ne peut s'empêcher de savourer au fil des pages, mémé si parfois l'arrière goût peut s'avérer plutôt amer. A déguster sans modération jusqu'à la dernière ligne, histoire de constater que la vengeance est effectivement un plat qui se mange froid mais dont le goût peut parfois surprendre.

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