Skip to main content Help Control Panel

Polar Hardboiled

Vous les Durs à Cuire, suivez la route du Polar Hardboiled, du Roman Policier Noir

Home «   Dossiers «   Cinéma et Policier «  

Shutter Island de Martin Scorcese

Après Lovely Bones, vient de sortir cette semaine l'adaptation cinématographique (fidèle) d'un monument du polar des années 2000, Shutter Island de Dennis Lehanne, reconnu comme un des nouveaux maitres du genre. Qui plus est cette adaptation, très attendue, est signée par un autre monument du cinéma cette fois, Martin Scorcese, que l'on ne présente plus aux amateurs (éclairés ou pas) du polar. Vous avez soit déjà vu le film, soit avez lu toutes les critiques parfois dithyrambiques, parfois mitigées sur le film. Alors ne nous attardons pas sur le savoir faire du maitre, avec cette superbe atmosphère des années 40 (cher a Polar Hardboiled), cet hommage appuyé au film noir, ce jeu mi ange mi démon de Di Caprio et également ce méconnu, mais toujours excellent dans tous les registres, Mark Ruffallo. L'auteur du polar, vous pouvez le retrouver dans Denis Lehane, un Bostonien très Cinégénique, alors passons un moment avec Scorcese.
Martin Scorcese, c'est d'abord et surtout un formidable cinéaste Martin Scorceseet cinéphile, qui vient d'ailleurs de recevoir le 17 janvier dernier le Cecil B DeMille Award pour l'ensemble de son œuvre (après avoir reçu le Life Achievement Award en 1997), œuvre qui doit énormément au monde du polar. En effet, qui n'a pas en mémoire, les magnifiques images noir et blanc de Raging Bull, la violence des Affranchis ou de Casino, la tension de Cape Fear (Les Nerfs a Vif) et les carambolages de La Couleur de l'Argent (adapte d'un roman de Walter S Tevis, L'Arnaqueur. Difficile de citer toute sa filmographie dédiée au Polar, mais plus récemment, Scorcese a continué dans cette veine, mais avec moins de réussite (de mon point de vue); Les Infiltrés ne sont qu'un remake de très bonne facture d'un étonnant et innovant polar hongkongais Infernal Affairs réalisé par Andrew Lau et Alan Mak, Gangs of New York, première vraie collaboration entre Scorcese et Di Caprio.
C'est cette collaboration qui est aujourd'hui magnifiée avec Shutter Island (4ieme film du duo) et qui prend toute sa dimension (oserais-je dire métaphysique) puisque le film (a l'instar du livre que vous pouvez (re)lire) tourne autour du passé, des obsessions, des tourments de l'âme , des doutes de l'identité. Leonardo Di Caprio Le beau Leo justement, dans sa quête d'identité cinématographique, s'est trouvé une filiation exceptionnelle avec Robert de Niro et Martin Scorcese. A l'époque ou Leo était encore en couches culottes, ces deux la commettaient en 1976 un des plus beaux films cultes, Taxi Driver (Palme d'or a Cannes), avec une complicité qui leur fera faire 8 films ensemble, la plupart cités plus haut dont le dernier Casino en 1995.
Leo, admirant le réalisateur et l'immense acteur, revendique donc très naturellement la continuité de cette filiation, d'autant que, ironie du sort, Leo a joué, pour un de ses tous premiers rôles, le fils de DeNiro dans Blessures Secrètes.
Alors, cinématographiquement parlant, il en fait aucun doute que le beau Leo DiCaprio est le fils caché de Martin et Robert. Mais, même si ses rôles ont maintenant plus de consistance que celui du jeune héros romantique Jack Dawson dans Titanic, arrivera t'il un jour a atteindre l'épaisseur, la complexité, la rage de DeNiro ? Comment passer d'une figure d'ange blond, lisse, aux yeux clairs, a la noirceur des bruns ténébreux, violents, outranciers, déséquilibrés ?
A lui d'exploiter et de garder l'empreinte de la Griffe du Passé (petit clin a un des films référence de Martin et surtout a un des chefs d'œuvre du film noir, Out of the Past de Jacques Tourneur adapté du roman de Geoffrey Homes, Lisez-le Haut et Court).

Comments

Gerard - on Apr. 16 2010
Peut-être en avais-je trop entendu parler et trop écouté les nombreuses louanges sur cette réalisation de Martin Scorsese. Il est vraiment un bon faiseur de cinéma, mais sur ce coup la, je l'ai trouve plutôt "paresseux", se laissant aller a l'utilisation de ficelles aussi grossières que bien filmées.
Assez rapidement, l'overdose de flashbacks, certes nécessaires a la compréhension de l'histoire, devient ennuyeuse et pire encore, nuit au suspens. Effets appuyés et trop démonstratifs, dialogues indigents permettent très rapidement de deviner et comprendre la clé de l'histoire (même si vous n'avez pas lu le livre qui mérite bien mieux). Du coup après la première heure, on se surprend a apprécier les plans du film pour le savoir faire de Scorsese et de son photographe. Car il filme cela comme au bon vieux temps des thrillers des années 50 (période a laquelle l'action se déroule), avec quelques clins d'œil aux grands classiques (Hitchckok et son Vertigo par exemple). Mais la aussi, la peinture se rapproche plus des grands coups de truelle qu'aux effleurements de pinceaux impressionnistes. Quelques scènes méritent tout de meme l'attention, celles des cauchemars de l'inspecteur Teddy Daniels, rattrape par son passe. On peut également souligner la performance de Leo Di Caprio dans un registre différent qui produit une prestation intéressante mais parfois surjouee, comme d'ailleurs tout le film, sauf peut-être Mark Ruffalo, sobre et excellent. Mais cela ne suffit pas malheureusement a faire du film une vraie réussite. Tout au plus, il s'agit d'un bon thriller, un peu long, bien filme, et assez commun.
On est en droit d'attendre beaucoup mieux du réalisateur de Raging Bull, Taxi Driver ou même Casino.
Ce film confirme pour moi ce que je redoutais de Scorsese, un embourgeoisement coupable, teinte de paresse et une perte de sensibilité et d'originalité qui le relègue désormais dans le peloton commun des réalisateurs US. Il a certainement voulu faire une sorte de film hommage aux bons vieux chefs d'œuvre des années 50 (Mike Powell entre autres) avec une atmosphère qui doit plus aux costumes, a la photo et la lumière du film qu'a sa réalisation.
Dommage, le livre qui lui est une vraie réussite méritait mieux. Lisez le donc avant d'aller voir le film, Denis Lehane, un Bostonien très Cinégénique mérite le détour.
POICCARD - on May 8 2010

Une belle adaptation d'un Lehanne de qualité. Nous retrouvons enfin un Scorcese digne de ses grands films ( Taxi Driver, Les affranchis...) après un film qui aurait pu être fabriqué par n'importe quel artisan hollywoodien : "Les infiltrés". "Shutter Island" est un film qui va compter dans la liste du maître Scorcese. Et enfin Caprio n'est plus la gravure de mode à la peau lisse de ses précédents films. En lui faisant manger des brassées de spaghettis, Scorcese en a fait un homme. Vivement le prochain. Parole de Poiccard.