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Shutter Island de Martin Scorcese
C'est cette collaboration qui est aujourd'hui magnifiée avec Shutter Island (4ieme film du duo) et qui prend toute sa dimension (oserais-je dire métaphysique) puisque le film (a l'instar du livre que vous pouvez (re)lire) tourne autour du passé, des obsessions, des tourments de l'âme , des doutes de l'identité.
Leo, admirant le réalisateur et l'immense acteur, revendique donc très naturellement la continuité de cette filiation, d'autant que, ironie du sort, Leo a joué, pour un de ses tous premiers rôles, le fils de DeNiro dans Blessures Secrètes.
Alors, cinématographiquement parlant, il en fait aucun doute que le beau Leo DiCaprio est le fils caché de Martin et Robert. Mais, même si ses rôles ont maintenant plus de consistance que celui du jeune héros romantique Jack Dawson dans Titanic, arrivera t'il un jour a atteindre l'épaisseur, la complexité, la rage de DeNiro ? Comment passer d'une figure d'ange blond, lisse, aux yeux clairs, a la noirceur des bruns ténébreux, violents, outranciers, déséquilibrés ?
A lui d'exploiter et de garder l'empreinte de la Griffe du Passé (petit clin a un des films référence de Martin et surtout a un des chefs d'œuvre du film noir, Out of the Past de Jacques Tourneur adapté du roman de Geoffrey Homes, Lisez-le Haut et Court).
Comments
Peut-être en avais-je trop entendu parler et trop écouté les nombreuses louanges sur cette réalisation de Martin Scorsese. Il est vraiment un bon faiseur de cinéma, mais sur ce coup la, je l'ai trouve plutôt "paresseux", se laissant aller a l'utilisation de ficelles aussi grossières que bien filmées.
Assez rapidement, l'overdose de flashbacks, certes nécessaires a la compréhension de l'histoire, devient ennuyeuse et pire encore, nuit au suspens. Effets appuyés et trop démonstratifs, dialogues indigents permettent très rapidement de deviner et comprendre la clé de l'histoire (même si vous n'avez pas lu le livre qui mérite bien mieux). Du coup après la première heure, on se surprend a apprécier les plans du film pour le savoir faire de Scorsese et de son photographe. Car il filme cela comme au bon vieux temps des thrillers des années 50 (période a laquelle l'action se déroule), avec quelques clins d'œil aux grands classiques (Hitchckok et son Vertigo par exemple). Mais la aussi, la peinture se rapproche plus des grands coups de truelle qu'aux effleurements de pinceaux impressionnistes. Quelques scènes méritent tout de meme l'attention, celles des cauchemars de l'inspecteur Teddy Daniels, rattrape par son passe. On peut également souligner la performance de Leo Di Caprio dans un registre différent qui produit une prestation intéressante mais parfois surjouee, comme d'ailleurs tout le film, sauf peut-être Mark Ruffalo, sobre et excellent. Mais cela ne suffit pas malheureusement a faire du film une vraie réussite. Tout au plus, il s'agit d'un bon thriller, un peu long, bien filme, et assez commun.
On est en droit d'attendre beaucoup mieux du réalisateur de Raging Bull, Taxi Driver ou même Casino.
Ce film confirme pour moi ce que je redoutais de Scorsese, un embourgeoisement coupable, teinte de paresse et une perte de sensibilité et d'originalité qui le relègue désormais dans le peloton commun des réalisateurs US. Il a certainement voulu faire une sorte de film hommage aux bons vieux chefs d'œuvre des années 50 (Mike Powell entre autres) avec une atmosphère qui doit plus aux costumes, a la photo et la lumière du film qu'a sa réalisation.
Dommage, le livre qui lui est une vraie réussite méritait mieux. Lisez le donc avant d'aller voir le film, Denis Lehane, un Bostonien très Cinégénique mérite le détour.
Une belle adaptation d'un Lehanne de qualité. Nous retrouvons enfin un Scorcese digne de ses grands films ( Taxi Driver, Les affranchis...) après un film qui aurait pu être fabriqué par n'importe quel artisan hollywoodien : "Les infiltrés". "Shutter Island" est un film qui va compter dans la liste du maître Scorcese. Et enfin Caprio n'est plus la gravure de mode à la peau lisse de ses précédents films. En lui faisant manger des brassées de spaghettis, Scorcese en a fait un homme. Vivement le prochain. Parole de Poiccard.