44 Jours de David Peace
D’accord, ce n’est pas un roman policier ! Mais pour être noir, c’est bien un roman noir et à ce titre, il a sa place dans ce site à la rubrique Livres et Sport ! Que vous soyez un aficionado du Football ou que vous n’y connaissez rien, peu importe, vous prendrez du plaisir à lire ce livre. L’histoire d’un fameux avant centre anglais, Brian Clough, serial buteur, qui voit sa carrière stoppée net par une blessure qui va le contraindre à se lancer dans le métier d’entraîneur. Fidèle à lui-même, il le fera sans concession, intègre avec ses propres valeurs et certitudes, en butte à un système de pouvoirs bâtis sur l’argent, plein de compromissions, de trahison et de connivences.
Grandeur et décadence de Brian Clough, grande gueule à l’ego surdimensionné, parfois abject, dur, pétri de certitudes, ne vivant que pour sa passion, et convaincu que ses méthodes sont les bonnes et surtout, les seules capables de dépasser le système bien huilé du Milieu du Football. Seul contre tous, victoires et défaites, amitiés aussi solides que ses inimitiés, compétence contre argent, il va payer cher son intransigeance et son opposition au monde policé du Football britannique. Plus dure est la chute pour celui qui ne veut pas plier !
Comment peut on passer de la lumière, auréolé de réussites sportives remarquables aux ténèbres de la déchéance, des défaites tant personnelles que sportives, par la faute d’un refus systématique de se laisser dicter sa loi par le système, de s’abaisser à expliquer ses choix, tellement évidents (pour lui), à courber l’échine devant le pouvoir de l’argent, à respecter l’incompétence et la tricherie. David Peace dépeint un personnage immédiatement attachant, parce qu’entier, vrai, parlant avec ses tripes qui touche malgré ses côtés dur-à-cuire (je vous avais dit qu’il avait sa place ici !), intransigeant, irrespectueux, alcoolique. Par une construction du livre entrecroisée (parfois un peu difficile à suivre) entre son irrésistible ascension et sa non moins terrible lutte contre le pouvoir, par un souci du détail mêlant émotion brute et action, l’auteur nous tient en haleine, nous plonge dans la noirceur de ce milieu et ne nous cache rien des tourments des personnages et de leurs turpitudes.
Les connaisseurs du monde du Foot prendront un plaisir certain au détail des relations entre joueurs, entraîneur, président et sponsors, à pénétrer les arcanes de clubs de Foot, à décoder les méthodes des médias, télé et radios, et pour ceux qui ont connu cette époque, se remémorer des pages célèbres du Foot anglais des années 60/70. Les autres seront effarés par la rudesse de ce milieu où tout le monde est à acheter où à vendre, où l’irrespect, l’immaturité sont monnaie courante, où seul les titres comptent avec une organisation presque militaire.
Tout compte fait, le monde du Foot n’a pas tellement changé et a même plutôt empiré dans la voie du Foot Business. Un personnage à la Brian Clough, taillé à la serpe, n’aurait sans doute plus sa place aujourd’hui. D’ailleurs, vous ne regardez plus de la même façon les footeux parler de leur sport. Mais, à ce niveau là, est-ce encore un sport ?
Le livre a fait l'objet d'une adaptation au cinéma avec The Damned United sorti en novembre 2009.
Comment peut on passer de la lumière, auréolé de réussites sportives remarquables aux ténèbres de la déchéance, des défaites tant personnelles que sportives, par la faute d’un refus systématique de se laisser dicter sa loi par le système, de s’abaisser à expliquer ses choix, tellement évidents (pour lui), à courber l’échine devant le pouvoir de l’argent, à respecter l’incompétence et la tricherie. David Peace dépeint un personnage immédiatement attachant, parce qu’entier, vrai, parlant avec ses tripes qui touche malgré ses côtés dur-à-cuire (je vous avais dit qu’il avait sa place ici !), intransigeant, irrespectueux, alcoolique. Par une construction du livre entrecroisée (parfois un peu difficile à suivre) entre son irrésistible ascension et sa non moins terrible lutte contre le pouvoir, par un souci du détail mêlant émotion brute et action, l’auteur nous tient en haleine, nous plonge dans la noirceur de ce milieu et ne nous cache rien des tourments des personnages et de leurs turpitudes.
Les connaisseurs du monde du Foot prendront un plaisir certain au détail des relations entre joueurs, entraîneur, président et sponsors, à pénétrer les arcanes de clubs de Foot, à décoder les méthodes des médias, télé et radios, et pour ceux qui ont connu cette époque, se remémorer des pages célèbres du Foot anglais des années 60/70. Les autres seront effarés par la rudesse de ce milieu où tout le monde est à acheter où à vendre, où l’irrespect, l’immaturité sont monnaie courante, où seul les titres comptent avec une organisation presque militaire.
Tout compte fait, le monde du Foot n’a pas tellement changé et a même plutôt empiré dans la voie du Foot Business. Un personnage à la Brian Clough, taillé à la serpe, n’aurait sans doute plus sa place aujourd’hui. D’ailleurs, vous ne regardez plus de la même façon les footeux parler de leur sport. Mais, à ce niveau là, est-ce encore un sport ?
Le livre a fait l'objet d'une adaptation au cinéma avec The Damned United sorti en novembre 2009.