Home « Actualités «
Un Lifting à 60 ans
J'ai 60 ans, je m'offre un sérieux lifting pour plaire à mon nouvel jeune amant et du coup je désoriente complètement mes anciens aficionados au risque d'y perdre mon âme ? Non il ne s'agit pas de moi mais évidemment de la légendaire collection « Série Noire » qui est la raison d'être de ce site. Succès du Polar oblige, voilà cette vénérable vieille dame qui veut jouer dans le club branché des grands formats. Elle doit cette transformation à son nouvel amoureux Aurélien Masson, nouveau patron de la collection à tout juste 30 ans qui a succédé à Patrick Raynal, parti chez Fayard. Alors que va t'il rester de l'esprit (sans oublier la lettre) des beaux jours de la Série Noire avec ces auteurs mythiques (honorés sur ce site) tels que Dashiell Hammett, Raymond Chandler et autres Richard Burnett.
C'est vrai que la Série était plutôt orientée anglo-saxonne mais avec aussi des français pur jus (Simonin, M.G Le Dantec) et qu'elle commençait à s'essouffler surtout avec la pléthore de parutions dans le domaine du Polar.
Des concurrences vives tant à l'externe à Gallimard (Rivages Noir) qu'en interne à l'éditeur avec son autre collection "la Noire" et Folio Policier, ont fait chuter le tirage moyen de cette collection mythique à 5000 exemplaires.
Va t'on perdre La marque de fabrique du Polar style Hardboiledavec ces incontournables intrigue, contexte social et politique, personnages fouillés et parfois désabusés ? C'est vrai qu'en ce moment on peut se tourner vers l'univers des polars scandinaves pour approcher l'esprit Hardboiled (voir Henning Mankell, Le Désabusé d'Ystad, Pour le Meilleur et Pour le Pire de Gunnar Staalesen) ou alors s'en éloigner avec des auteurs américains qui pouvaient se réclamer du polar mais aborder une littérature plus vaste (voir Monstres Invisibles de Chuck Palahniuk que je n'apprécie guère par ailleurs, mais je ne suis pas rancunier). On peut toujours revenir aux fondamentaux avec les dossiers Histoire et Polar Scandinave.
Cette collection va t'elle succomber au jeunisme ou au modernisme ? Que nenni à en croire son directeur de collection qui promet une orientation résolument "polar" et plutôt anglo-saxonne et française, avec des incursions dans d'autres pays, notamment l'Europe du Nord (a priori pas la Scandinavie mais plutôt la Russie où le jeune homme a des pistes, dit-il). Faisons lui donc confiance et jugeons sur pièces avec les premières parutions. L'héritage ne sera pas dilapidé et même plutôt enrichi, soyons en sur, avec les innombrables variantes que permet le genre (thriller, roman d'enquête, roman noir, roman caustique et expérimental) et les contributions de nombreux auteurs aussi divers que talentueux. L'important reste l'état d'esprit (noir comme un café fort, du sang coagulé, une cellule la nuit, le regard du tueur et accessoirement l'ancienne jaquette des bouquins de la série). Les deux premiers romans de ce nouveau lifting sont King Bongo de Thomas Sanchez et Dr Jack de Norman Green. Même si les nostalgiques crient au scandale, pour ma part le polar vit dans son temps et peu importe livresque pourvu que l'on ait le jus !!!
Des concurrences vives tant à l'externe à Gallimard (Rivages Noir) qu'en interne à l'éditeur avec son autre collection "la Noire" et Folio Policier, ont fait chuter le tirage moyen de cette collection mythique à 5000 exemplaires.Va t'on perdre La marque de fabrique du Polar style Hardboiledavec ces incontournables intrigue, contexte social et politique, personnages fouillés et parfois désabusés ? C'est vrai qu'en ce moment on peut se tourner vers l'univers des polars scandinaves pour approcher l'esprit Hardboiled (voir Henning Mankell, Le Désabusé d'Ystad, Pour le Meilleur et Pour le Pire de Gunnar Staalesen) ou alors s'en éloigner avec des auteurs américains qui pouvaient se réclamer du polar mais aborder une littérature plus vaste (voir Monstres Invisibles de Chuck Palahniuk que je n'apprécie guère par ailleurs, mais je ne suis pas rancunier). On peut toujours revenir aux fondamentaux avec les dossiers Histoire et Polar Scandinave.
Cette collection va t'elle succomber au jeunisme ou au modernisme ? Que nenni à en croire son directeur de collection qui promet une orientation résolument "polar" et plutôt anglo-saxonne et française, avec des incursions dans d'autres pays, notamment l'Europe du Nord (a priori pas la Scandinavie mais plutôt la Russie où le jeune homme a des pistes, dit-il). Faisons lui donc confiance et jugeons sur pièces avec les premières parutions. L'héritage ne sera pas dilapidé et même plutôt enrichi, soyons en sur, avec les innombrables variantes que permet le genre (thriller, roman d'enquête, roman noir, roman caustique et expérimental) et les contributions de nombreux auteurs aussi divers que talentueux. L'important reste l'état d'esprit (noir comme un café fort, du sang coagulé, une cellule la nuit, le regard du tueur et accessoirement l'ancienne jaquette des bouquins de la série). Les deux premiers romans de ce nouveau lifting sont King Bongo de Thomas Sanchez et Dr Jack de Norman Green. Même si les nostalgiques crient au scandale, pour ma part le polar vit dans son temps et peu importe livresque pourvu que l'on ait le jus !!!