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Polar Hardboiled

Vous les Durs à Cuire, suivez la route du Polar Hardboiled, du Roman Policier Noir

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Los Angeles, ville mythique du Polar

A partir du 8 mars, le centre Georges Pompidou à Paris consacre une exposition à la scène artistique de la cité des Anges de 1955 à 1985. Et le polar dans tout ça ? Evidemment bon nombre d'auteurs de romans policiers ont puisé dans cette ville protéiforme l'inspiration pour en faire le cadre et l'arrière plan (si ce n'est le premier pour certains d'eux) de vies et d'intrigues typiquement « noires » ou « Hardboiled » (dur à cuire). On pense aussitôt à James Ellroy ou plus récemment Robert Crais qui tous deux ont fait de la complexité de cette ville, de son mélange culturel, de sa violence et de son côté « underground » un personnage à part entière. Alors si cette ville (au demeurant assez affreuse pour ce que je m'en souvienne car cela fait bien une quinzaine d'année que je n'y suis allé) a inspiré les romanciers chers au Polar, qu'en est-il des autres artistes.
L'exposition, balckdahlia.jpgà travers une large sélection de peintures, sculptures, installations, photographies, films et vidéos, tente de retracer l'histoire de cette scène artistique de Los Angeles, depuis son émergence au milieu des années 50 jusqu'au milieu des années 80, qui voit l'éclosion d'une nouvelle génération d'artistes. Elle est plutôt tournée vers la peinture, avec en particulier des artistes tels que David Hockney ou Raymond Pettibon mais rappelle également la présence d'Hollywood ou Disneyland, véritables usines à rêves !
C'est l'occasion ici de revenir sur le rapport parfois viscéral entretenu par certains romanciers avec cette ville.

A tout seigneur, tout honneur, on ne peut esquiver plus longtemps James Ellroy avec son "Quatuor de Los Angeles" (composé pour mémoire du Dahlia Noir, le Grand Nulle Part, L.A. Confidential et enfin White Jazz). craislarequiem.jpg Cette saga commence en 1947 dans un terrain vague de Los Angeles, où est découvert le corps nu et mutilé d'une jeune fille de 22 ans. Betty Short, surnommée "Le Dahlia Noir". C'est ce fait divers célèbre et sanglant que James Ellroy a choisi comme point de départ d'une décennie riche en événements pour la Californie : la chasse aux sorcières du sénateur Mac Carthy, les magazines à scandales d'Hollywood, l'infiltration des gangsters dans les milieux du cinéma et de la boxe, les magouilles immobilières sur le dos des Mexicains, les combines politiques, les violences policières les massacres nocturnes. C'est l'envers du décor d'une Los Angeles ou d'une Californie de rêves, le côté pile avec le crime la corruption et les interdits. Le côté face avec Hollywood est venu aussi s'abreuver à cette source nauséabonde pour produire quelques films forts, voire des chefs d'uvre avec en vrac L.A. Confidential, Lune Sanglante ou Chinatown.
Plus récemment, Robert Crais a repris ce flambeau avec L.A. Requiem, hymne à cette ville où déambule tel un zombie Elvis Cole le Détective favori de Robert Crais. Dans son dernier livre, L'Homme sans Passé, Robert Crais poursuit la quête psychologique d'Elvis Cole et creuse un peu plus le rapport avec la ville. On se retrouve dans le Los Angeles de 1969 (au cur des 3 décennies concernées par l'exposition) dans un maison de banlieue ou une tuerie a lieu et Elvis face à son passé douloureux. A noter que Robert Crais est également le scénariste de nombreuses séries policières telles que 'Hill Street Blue' ou 'La loi de Los Angeles'.

On peut aussi évidemment se replonger dans le Los Angeles des années 40 avec un maître qui a sublimé cette ville avec son style indéfinissable, Dashiell Hammett. Je ne reviendrais pas en détail sur cet auteur incontournable, vous le retrouverez avec bonheur ici dans la rubrique Auteurs.

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